La première pierre du bâtiment muséal situé dans le quartier Zuid d'Anvers a été posée il y a plus de 120 ans. Mais celle de la prestigieuse collection qu'il héberge est bien plus ancienne encore. En témoigne l'histoire de sa genèse, que voici.
1382: La guilde de Saint-Luc
Les origines de la présente collection remontent à la guilde des peintres anversois, fondée à la fin du XIVe siècle et dont le patron, Saint Luc, fut le premier peintre à représenter la Vierge. Elle disposait aussi d'une schilderskamer: une salle de réunion et de fêtes, dont les murs étaient bien entendu couverts de peintures de la main de ses membres. Parmi elles, figure La Vierge au perroquet - un don de Peter Paul Rubens datant de 1614 - qui trône aujourd’hui dans la salle Rubens du musée
1663: De la guilde à l'Académie
En 1663, le peintre David Teniers le Jeune, franc maître de la guilde de Saint-Luc, crée une Académie à Anvers. Cette École des Beaux-Arts a ses quartiers dans le bâtiment de la Bourse d'Anvers, où elle dispose d'un atelier et d'une schilderskamer, elle aussi décorée par des artistes de la guilde. Ainsi, les plafonds sont peints de la main de Jacob Jordaens et Theodoor Boeyermans. Ces œuvres servent à l'époque de modèles aux artistes en herbe. En 1773, la guilde de Saint-Luc cesse d'exister et l'académie hérite des œuvres de Rubens, Abraham Grapheus, Cornelius de Vos et Jordaens.
1794: Le pillage français des œuvres d'art
Sous la domination française (1794-1796), nombre d'œuvres de l';Académie, de l'Hôtel de ville, d'églises et de couvents anversois sont acheminées vers le Musée Central de Paris, hébergé à l'époque dans les bâtiments du Louvre. À leur retour en 1815, vingt-six d'entre elles, dont une majorité de Rubens, rejoignent le musée de l'Académie. L'École et le Musée se sont entre-temps installés dans l'ancien monastère des Récollets, rue Mutsaert. La collection d'œuvres d'art des XVIe et XVIIe siècles prend peu à peu sa forme actuelle.
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