Léon Frédéric
Bruxelles 1856 - Schaarbeek 1940
1888
Huile sur toile
126,5 x 94 x 2,5 cm
Numéro d'inventaire 1264
Deux fillettes, probablement des sœurs, sont assises côte à côte. L'aînée tire la plus jeune à
elle, comme pour la protéger. On dirait qu'elles sont conscientes de la présence du spectateur et
elles lui jettent un regard à la fois perçant et timide.
Le peintre bruxellois
Léon Frédéric a rendu ces fillettes avec une extrême précision. Leur netteté et
l'échelle à laquelle elles sont représentées rivalisent avec celles que l'on obtiendra, bien plus
tard, avec un appareil photo. En adepte du naturalisme, un courant artistique de la fin du XIXe
siècle, Frédéric représentait les motifs moins importants de façon très schématique. C'est ainsi
que l'aplat au-dessus des fillettes pourrait tout aussi bien passer pour un ciel nuageux que pour
le mur sale et délabré d'une ferme.
Sensible aux problèmes sociaux
En 1925, un sondage révèle que Frédéric est le peintre le plus populaire de Belgique. En fait, il fut apprécié dès le début de sa carrière, contrairement à nombre de ses pairs qui durent attendre longtemps avant d'être officiellement reconnus. Ce succès ne l'enivra pas pour autant. Plus d'une fois choqué par les rudes conditions de vie du peuple, il a exprimé dans ses œuvres sa réelle préoccupation pour les inégalités sociales. Lors d'un séjour dans les Ardennes, il découvrit l'existence misérable des paysans wallons. Ces boëchelles ou fillettes en wallon, datent de cette période.
