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Cleopatra

Alexandre Cabanel
  • Numéro d'inventaire 1505
  • Date 1887
  • Dimensions 162,6 × 287,6 cm
  • Matériel Huile sur toile
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Schilderij Cleopatra van Alexander Cabanel

Princesse impassible

Cléopâtre se prélasse dans un somptueux décor égyptien accompagnée d’une servante l’éventant tandis que couché à ses pieds un léopard veille. La reine d'Égypte, au regard lassé, observe ses serviteurs testant du poison sur des condamnés à mort. Ou s’agit-il de ses anciens amants ? Un homme est passé de vie à trépas alors qu’un autre est en pleine agonie. À travers cette scène, Alexandre Cabanel dépeint Cléopâtre comme une c se préparant sans aucune émotion apparente à son suicide imminent.

Femme fatale

Le tableau date du XIXe siècle. En Europe, on assiste à une véritable égyptomanie.  Notamment Cléopâtre, femme forte à la tête de l'un des plus puissants empires de l'Antiquité, est sujet de fascination. Sa relation avec Jules César et le général romain Marc Antoine ainsi que son prétendu suicide en 33 avant J.-C. lui confèrent une dimension mythique. Artistes et écrivains la présentent comme l'incarnation de la femme fatale. Cabanel renforce cette image dans ce qu'il qualifie lui-même comme l'une de ses meilleures œuvres. Il crée une atmosphère théâtrale : Cléopâtre est consciente qu’à sa mort son empire périra et que la fin est proche.

Histoire et fantaisie

Cabanel conjugue sa connaissance de l’Égypte antique avec fantaisie. Pour l’édifice, il s’inspire des images de temples égyptiens. Le léopard fait référence à la déesse Mafdet, représentation de la puissance royale. Le vautour de la coiffure de Cléopâtre symbolisait, dans l’Egypte tardive, le féminin. Sa robe et ses voiles relèvent de la pure fantaisie accentuant la décadence et la séduction. La reine revendique manifestement le rôle principal. Cabanel la peint avec minutie tandis qu’il exile les prisonniers au second plan, dans un environnement terne et brumeux.

Art académique

Le choix d'un personnage historique suscitant l'imagination, le mariage de détails historiquement corrects et fantaisistes, une exécution plein de finesse respectant les règles académiques, ce sont là des caractéristiques de « l'art pompier », style appartenant à l'art académique. Cabanel peignit cette œuvre en 1887 pour le « musée des Académiques » d'Anvers. Toute personne rejoignant le corps académique devait faire don d'une œuvre ainsi qu’un portrait. En 1887, la construction du nouveau musée des beaux-arts - le KMSKA - bat son plein.

Cabanel en Stevens

Alexandre Cabanel est de son vivant un maître célèbre jouissant d'une grande influence. Il enseigne à l'École des Beaux-Arts et siège au jury du Salon de Paris, exposition d'art de renom. Hormis les sujets classiques, historiques et religieux, il se concentre sur des portraits de femmes issues des hautes sphères mondaines, tout comme son contemporain Alfred Stevens dont Le Sphinx parisien est également l'un des fleurons du KMSKA. Un sphinx qui n'a rien à voir avec l'Égypte mais qui fait référence à la pose rêveuse de la dame portraiturée.

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