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La Déploration du Christ

Antoine van Dyck
  • Numéro d'inventaire 404
  • Date (1635)
  • Numéro d'inventaire 115 x 208 cm
  • Matériel Huile sur toile
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Schilderij Bewening van Christus van Anthony van Dyck

La Déploration du Christ de Van Dyck

La dépouille du Christ gît à l’entrée d’une grotte. Sa tête repose sur les genoux de Marie. Sa mère s’abandonne totalement à son chagrin : bras écartés, paumes ouvertes, visage implorant. L’apôtre Jean est agenouillé à droite. Il soulève délicatement la main transpercée du Christ et la montre à deux anges. Les personnages remplissent l’intégralité du panneau, laissant peu de place au décor de rochers et de nuages. Le résultat obtenu est une scène sobre, dramatique et intime.

Une descente de Croix dramatique

Cette Déploration du Christ est fascinante. L’effet dramatique de la scène est encore accentué par le format horizontal de la composition. Van Dyck a choisi de peindre ses personnages allongés sur le sol et très en avant de la scène. Toute l’attention est concentrée sur le corps du Christ au premier plan. La grande pierre plate sur laquelle il gît fait penser à un autel. Son torse légèrement relevé est penché en avant. Les acteurs de cette scène ne nous regardent pas. Seul compte la dépouille du Christ.

Teintes sobres, douleur à l’état pur

Van Dyck a élaboré ce tableau en largeur. Logique, puisqu’il s’agissait d’une prédelle, la partie inférieure d’un retable. Le trait de pinceau est particulièrement souple. La composition triangulaire remplit l’image en diagonale, ce qui permet au peintre d’exprimer la douleur à son paroxysme. On ressent presque physiquement l’éplorement des personnages. Une douleur encore soulignée par la douce harmonie des teintes de brun et de bleu clair.

Piéta, symbolique dans l’art

La Déploration du Christ est une variante de la Piéta classique représentant Marie avec le corps du Christ mort sur ses genoux. Le mot Piéta désigne l’immense compassion de Marie pour les douleurs de son fils. Van Dyck la peint les bras ouverts comme sur la Croix. La mère semble avoir vécu elle-même le martyre de son fils. La présence des anges peut suspendre à première vue, mais les anges jouent dès la fin du 15e siècle le rôle de gardiens des morts.

Un comte agonisant comme commanditaire

A moins que le commanditaire de cette toile ait spécifiquement demandé la présence d’anges dans la perspective de sa mort imminente ? Van Dyck peignit en effet cette toile pour l’Italien Cesare Alessandro Scaglia. Scaglia comte de Verrua, était aussi abbé, diplomate et marchand d’art. Tombé gravement malade à son arrivée à Anvers, il fit ériger un autel au couvent des Franciscains. Cette touchante Déploration du Christ devait décorer sa tombe. Scaglia mourut en mai 1641.

Grand maître de la peinture flamande

A l’égal de Rubens et Jordaens, Antoine van Dyck était un grand maître de la peinture flamande du 17e siècle. Le génial portraitiste anversois était renommé dans toute l’Europe. Van Dyck était charmant et très apprécié parmi l’aristocratie européenne. Le roi d’Angleterre Charles I le fit chevalier en 1632.

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