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L’intrigue

James Ensor
  • Numéro d’inventaire 1856
  • Date 1890
  • Dimensions 90 x 149 cm
  • Matériel Huile sur toile
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Schilderij De intrige van James Ensor

L’intrigue d’Ensor

Cette toile est effectivement intrigante. Une femme s’est trouvé un homme. Elle présente sa ‘conquête’ d’un geste de la main. Dans l’autre, elle tient un bouquet de fleurs. Sont-ils mariés ? Peut-être. Le couple est entouré de visages sinistres et grimaçants. Une paysanne porte une poupée sur l’épaule. À moins qu’il s’agisse d’un enfant mort ? Elle désigne l’homme. Son destin est incertain. Une tête de mort à la mâchoire inférieure tombante observe la scène. La macabre ambiance est encore soulignée par les couleurs contrastées et les coups de brosse nerveux.

Ensor : peintre de masques

James Ensor a peint ici une des plus belles mascarades de son œuvre. Les masques cachent généralement le vrai visage des gens. C’est tout le contraire chez Ensor. Le ‘peintre des masques’ utilise à partir de 1880 ces mascarades pour révéler la méchanceté innée de ses personnages en les plaçant dans des scènes bizarres et grotesques. Certains historiens de l’art voient dans cette œuvre d’Ensor sa vision personnelle du mariage. La femme a ferré un mari. Le pauvre homme est pieds et poings liés.

Masques de carnaval, souvenir de la boutique maternelle

Les masques sont la marque de fabrique James Ensor. Ils apparaissent régulièrement sur ses toiles et ses dessins à partir de 1880. Souvent les mêmes et dans une position identique. Il s’agit presque toujours de masques de carnaval tels que sa mère en vendait dans sa boutique de souvenirs. On trouve aussi des masques sur des photos anciennes d’Ensor dans son atelier. Il mettait sans doute en scène ses modèles en habillant les masques.

Pierrot la Mort

Il existe encore certains de ces masques, aujourd’hui dans la collection de la Maison Ensor à Ostende ou dans des collections privées. Le squelette vivant est un personnage familier d’Ensor, avec ou non la fauche de la Camarde. Ensor lui a donné le nom local Pierre la Mort. On lit dans Les Écrits de James Ensor à propos des masques : “Pourchassé par des imitateurs, je me suis retiré dans le pays solitaire de la dérision où le masque fait régner la violence, la lumière et la splendeur. Le masque me dit : teintes vives, décor luxuriant, grands gestes brusques, expressions outrées, délicieuse turbulence.

La palette d’Ensor

Les masques offrent à James Ensor un nouveau potentiel d’expression. Regardez un peu les dégradés de couleur de L’intrigue. On est frappé par les contrastes agressifs de couleurs premières. Ensor fait fondre la lumière et la couleur, une technique qu’il a apprise des Impressionnistes français, qui utilisaient des couleurs pures directement sur fond de toile blanc sans sous-couche.

Grand-maître de l’impressionnisme

Ensor fait aujourd’hui l’unanimité parmi les amateurs d’art. Il n’en a toujours été ainsi. Ensor est resté longtemps incompris, ne vendant que très peu de toiles. Ce n’est qu’à quarante ans passés qu’on reconnut enfin son talent. Des artistes et critiques d’art allemands des années 1900 lui reconnurent le mérite de l’innovation. La Belgique aussi commença à voir en lui un des pionniers de l’art moderne. Le KMSKA possède la plus grande collection James Ensor au monde.

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Schilderij De intrige van James Ensor
James Ensor: l’homme derrière les masques

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Schilderij De bekoring van Sint-Antonius van James Ensor
Nouvelle acquisition d'Ensor

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