Tous les chefs-d'œuvre

Le dernier jour

Pierre Alechinsky
  • Inventarisnummer 3039
  • Datering (1964)
  • Afmetingen 330 x 500 cm
  • Materiaal Olieverf op doek
  • Copyright © SABAM
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Schilderij De laatste dag van Pierre Alechinsky

Alechinsky et la fin des temps

Le tableau demande un examen attentif pour pouvoir en distinguer les éléments. Les canards et les serpents, les hiboux et les poissons. Savamment ‘camouflés’ dans un étrange tourbillon de motifs et de couleurs. Avec Le dernier jour, le peintre et artiste graphique Pierre Alechinsky fait rimer éléments abstraits et figures reconnaissables. Le titre est on ne peut plus explicite. Le dernier jour, c’est celui de la mort, de la fin des temps. La mort en grand format : la toile mesure plus de 3 mètres sur 5.

Dans l’esprit de Cobra

Le style de cette toile est entièrement en ligne avec l’esprit de CoBrA, un mouvement artistique qui a vu le jour à Copenhague, Bruxelles et Amsterdam en 1948. Les artistes CoBrA, Alechinsky, Karel Appel et Corneille notamment, se targuent de pouvoir aisément faire fusionner l’art abstrait et l’art figuratif. C’est là une vision qu’Alechinsky va développer tout au long de sa carrière.

Calligraphie japonaise

En 1955, Alechinsky fait un voyage au Japon en compagnie de Christian Dotremont, un autre membre de Cobra. Il y apprend la calligraphie orientale, il développe ainsi une écriture ‘intérieure’, son trait de crayon devient plus assuré. La pratique de la ‘belle écriture’ lui permet aussi d’intensifier sa concentration et ses œuvres prennent dès lors un caractère plus personnel.

Alechinsky et Ensor

Alechinsky nourrit une grande admiration pour Ensor. Le dernier jour est d’ailleurs considéré par beaucoup comme une ode au grand maître ostendais. Les deux artistes remplissent entièrement leurs toiles, Ensor de masques et de personnages, Alechinsky d’êtres étranges et de lignes sinueuses. La grande taille de cette toile ne doit rien au hasard selon certains experts. Il est fort possible que Alechinsky ait cherché ici à rivaliser avec la toile d’Ensor Entrée du Christ à Bruxelles. Cette œuvre exposée dans les années 60 au Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers ne mesurait ‘que’ 2,5 mètres sur 4,5. L’Entrée du Christ à Bruxelles fait aujourd’hui le bonheur des visiteurs du musée J. Paul Getty de Los Angeles.

Toujours plus de fantaisie

Alechinsky va de plus en plus laisser libre cours à sa fantaisie. Son usage des couleurs s’enrichit en continu. Alechinsky travaille de manière très intuitive, sans plan préétabli. Pour Le dernier jour, il a commencé à appliquer la peinture verte, y a superposé des touches de rose et de blanc, y traçant ensuite des lignes et des accents de bleu, jaune et rouge. C’est ainsi que sont nées les figures qui peuplent la toile.

A la manière du dessin animé

Le dernier jour est la dernière huile sur toile d’Alechinsky. En 1955, il découvre à New York la peinture acrylique, qui lui permet de travailler plus vite et avec plus de souplesse. L’artiste va dès lors peindre au aussi les quatre bords de la toile. Il y ajoute des commentaires, des explications. Ces écrits gagnent progressivement de l’espace sur l’œuvre, à la manière des bulles d’une bande dessinée. Alechinsky collaborait du reste souvent avec des écrivains comme Hugo Claus.

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