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Le printemps

Jean Brusselmans
  • Numéro d’inventaire 2967
  • Date 1935
  • Dimensions 151 x 151 cm
  • Matériel huile sur toile
  • Copyright © SABAM
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Schilderij Lente van Jean Brusselmans

Le printemps de Brusselmans

Jean Brusselmans vivait avec sa femme et son fils dans une petite maison à Dilbeek entièrement isolée et dominant la campagne environnante. Voici le joli paysage qu’il voyait de son atelier. Il produisit plusieurs toiles de ces rangées de petites maisons et de ces champs qui se déroulent jusqu’aux forêts sombres à gauche, de cette mosaïque d’arbres et de buissons à droite. Brusselmans peignit ce paysage à toutes les saisons et par tous les temps. Initialement de manière plutôt schématique, plus tard avec davantage d’assurance et de structure.

La misère à Dilbeek

La famille Brusselmans vivait dans une grande pauvreté. Le peintre exposait régulièrement ses toiles, mais ne les vendait pas. Il fut contraint pour subvenir aux besoins de la famille de peindre des panneaux publicitaires, sa femme gagnait un peu d’argent en faisant de la dentelle et de la couture. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la famille incapable de régler sa note se vit priver d’électricité. La femme de Brusselmans ne survécut pas au froid et aux privations et mourut en 1943.

Une simplicité géométrique

Le printemps est un tableau d’une grande fraîcheur, une symphonie de verts sous un ciel moutonneux. Les formes géométriques et les couleurs contrastent de la grande surface unie d’un mur au centre offrent un net contraste avec le décor champêtre. Jean Brusselmans a appliqué ici diverses techniques : la peinture au couteau pour étaler la matière, l’incision de la peinture pour obtenir des boucles, le ton sur ton, les grands traits de brosse… Le contour des éléments est nettement marqué, ramenant les lignes naturellement capricieuses du paysage à de sages motifs géométriques. Le peintre n’est pas intéressé par la profondeur de champ, l’espace. Il semble avoir empilé les composantes de son paysage. Cette conception originale de la composition est typique de sa pratique artistique.

Un jeu de surfaces

Brusselmans était entièrement concentré sur son environnement immédiat : sa maison, sa femme, la vue de sa fenêtre sur le paysage brabançon, la mer où il se rendait fréquemment. Il planifiait soigneusement la forme et la structure de ses paysages, privilégiant les grandes surfaces, les lignes claires et les couleurs vives. Il créait ainsi des compositions parfaitement équilibrées. L’absence de détails relève d’un souci de saisir l’essence même de la scène, de réduire la réalité à des surfaces de peinture parfaitement ordonnées.

Une abstraction figurative

Les paysages de Brusselmans des années 30 s’apparentent à la composition abstraite. Il considérait la nature comme une œuvre géométrique. Mais aussi schématisés que soient ses tableaux, le peintre n’a jamais versé dans l’art non-figuratif, purement abstrait. Les toiles de Brusselmans ont toujours gardé un lien affiché avec la réalité, le peintre s’alignant ainsi sur son grand modèle Paul Cézanne.

Cavalier seul

Jean Brusselmans refusait d’appartenir à un quelconque courant artistique. Il comptait suivre sa propre voie et ne pas s’en détourner. Son œuvre n’en est que plus singulière. La distance physique qui le séparait du monde de l’art et son refus de tout compromis faisaient obstacle au succès, et le peintre resta toute sa vie dans l’ombre.

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