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Maria Sèthe, plus tard madame Henry Van de Velde

Theo Van Rysselberghe
  • Numéro d’inventaire 2690
  • Date 1891
  • Dimensions 120 × 86 cm
  • Matériel huile sur toile
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Schilderij Maria Sèthe, de latere mevrouw Henry van de Velde van Theo Van Rysselberghe

Maria Sèthe pose pour Van Rysselberghe

Une jeune femme, le regard fixé droit devant elle. Son visage exprime la détermination, la sérénité et la confiance en soi. Elle sourit. Une pensée heureuse sans doute ? Ses cheveux blonds relevés en chignon, les traits fins de son visage, son cou gracieux baignent dans une lumière laiteuse. Elle porte une robe violette assortie au rideau à droite du tableau.

L’épouse d’Henry Van de Velde

Elle s’appelle Maria Sèthe. Elle épousera plus tard le grand peintre, créateur et architecte Henry Van de Velde. Theo Van Rysselberghe fait d’elle un magnifique portrait, sans toutefois la mettre trop en scène. Elle est assise à un harmonium mais n’en joue pas. Le manche d’un violoncelle est visible derrière l’instrument à touches. La signature – VTR – et la date figurent en haut du portrait. Les instruments de musique et le tableau qu’on distingue en partie au mur donnent une idée du statut social de la famille Sèthe et de ses intérêts artistiques.

Sous l’influence de Seurat

Le Belge Van Rysselberghe s’est naturellement imprégné de la grande tradition flamande du portrait. Cet artiste du 19e siècle ne s’intéresse guère aux préférences artistiques de la bourgeoisie. Il a visité en 1886 l’exposition des impressionnistes à Paris et a découvert l’œuvre de George Seurat. Til va très vite s’orienter vers le néo-impressionnisme.

Pointillisme

La manière dont Van Rysselberghe applique à ses portraits le pointillisme de Seurat est tout simplement magistrale. La peinture traditionnelle passe inévitablement par le mélange de couleurs. Les pointillistes eux appliquent des couleurs primaires en petites touches rondes ou carrées. Ils exercent notre œil et notre cerveau à assimiler les taches de couleurs et à distinguer des couleurs secondaires. Des petites touches de rouge et jaune accolées donnent ainsi une teinte orange. Van Rysselberghe réserve ici les petites touches pointillistes aux éléments les plus expressifs comme les mains et le visage, appliquant au reste des taches plus grandes.

Van Rysselberghe joue avec la couleur

Theo van Rysselberghe n’emprunte pas entièrement le style et la simplification qui caractérisent le travail de Seurat. Son coup de pinceau reste fidèle au réalisme et privilégie les volumes, l’ombre et la lumière. D’une grande pureté, ses toiles pointillistes semblent produire de la lumière. Le violet de la robe domine la palette et met en valeur les nuances jaune et orange des cheveux blonds, couleurs complémentaires du violet et du bleu.

A l’origine du modernisme

La théorie des couleurs et la doctrine du pointillisme furent moins strictement appliquées après la mort de Seurat. L’application des touches de peinture devint plus personnelle, plus expressive. La couleur prit davantage d’importance. Les peintres relâchèrent leur approche analytique et s’autorisèrent plus de liberté. C’est ainsi que le pointillisme donna naissance au modernisme du vingtième siècle.

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