Tous les chefs-d'œuvre

Le seize septembre

René Magritte
  • Numéro d’inventaire 2843
  • Date (1956)
  • Dimensions 115 x 88 cm
  • Matériel Huile sur toile
  • Copyright © SABAM
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Schilderij Zestien september van René Magritte

Le seize septembre de René Magritte

Crépuscule. La nuit approche. L’univers se découpe en silhouettes sombres sur fond de ciel. Entre chien et loup. Un moment mystérieux que Magritte capte de manière magistrale. Avec une curiosité quand même : il a placé le croissant de lune devant le feuillage de l’arbre. La scène est à la fois ordinaire et impensable. C’est justement ce qui fait toute la magie de ce Seize septembre. La lune et l’arbre dominent toute la scène. Magritte les a pourtant peints avec la plus grande simplicité. Comme les quelques cailloux au pied de l’arbre, les buissons et le ciel. L’impression n’en est que plus forte.

Mystérieux Magritte au KMSKA

Le croissant de lune est un thème qui revient régulièrement chez René Magritte, au même titre que les chapeaux melons, les oiseaux et les pommes. La manière dont l’artiste associe ces éléments disparates ne cesse d’impressionner. Même les titres de ses toiles participent du mystère. Ils n’ont d’ailleurs pas vocation à expliquer quoi que soit. C’est un bon ami de Magritte, le poète Louis Scutenaire, qui baptisa Seize septembre. Le Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers l’a acheté directement du peintre.

Maître du surréalisme

René Magritte a une formation artistique classique à l’Académie de Bruxelles. Ce n’était pas ce qu’on appellerait un talent-né. Ce n’est que lorsqu’il s’imprègne du mouvement surréaliste de Paris qu’il commence à donner le meilleur de lui-même. Car Magritte est un maître de la peinture énigmatique. Il confronte ses spectateurs avec un art qui déforme la réalité et ébranle leurs certitudes. Il y a toujours sur ses toiles un élément perturbateur. Magritte a peint Seize septembre tard dans sa carrière. La toile est toutefois caractéristique de sa composition d’images surréalistes.

Magritte: le coucou parisien

Lignes épurées et images planes : ainsi pourrait-on définir le style de Magritte. On songe à une illustration sur papier glacé. Le magazine était du reste la principale source d’inspiration des surréalistes. Le peintre belge est toutefois moins radical que ses collègues parisiens du courant artistique. Son œuvre fait plutôt penser au réalisme magique très populaire aux Pays-Bas et en Allemagne à la même époque. Magritte réunit sur ses toiles des motifs du quotidien, objets, personnages ou situations. On dirait presque des collages. Ses compositions sont extrêmement bien élaborées. On ne peut guère parler d’improvisation. Les surréalistes français le surnomment le ‘coucou’ pour son manque d’orthodoxie surréaliste.

Effets visuels au service de la confrontation

Magritte réalisa plusieurs variantes du Seize septembre en tableaux, lithos et gravures. L’arbre est toujours au centre de l’ambiance crépusculaire. En peignant le croissant de lune devant le feuillage,  Magritte bouscule l’ordre naturel des choses, créant ainsi un merveilleux effet visuel. L’image confronte notre sens de la réalité et pose en fin de compte la question fondamentale : ‘qui sommes-nous ?’.

Ceci n’est pas un peintre

Magritte n’était pas uniquement peintre dans les années 1920. Il travaillait aussi comme dessinateur dans une usine de papiers peints et concevait aussi des affiches publicitaires. Ce n’est pas un hasard. La grande efficacité visuelle qui caractérise Magritte est une donnée essentielle de la publicité.

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