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Madone entourée de séraphins et de chérubins

Jean Fouquet
  • Numéro d'inventaire 132
  • Date (1454 - 1456)
  • Format 94 x 85 cm
  • Type Huile sur panneau
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Schilderij Madonna omringd door serafijnen en cherubijnen van Jean Fouquet

Madone de Fouquet : une pièce maîtresse à Anvers

Cet intriguant chef d’œuvre du Moyen-Âge constitue la pièce maîtresse du Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers. Cette Madone entourée de séraphins et chérubins est d’une modernité étonnante. Le peintre de Cour français Jean Fouquet l’a pourtant réalisée au milieu du 15e siècle à la demande d’Etienne Chevalier, trésorier du roi de France Charles VII. Fouquet a choisi de peindre la Vierge, Mère du Christ, en divine souveraine. Le tableau fascine par son intense palette de couleurs et son caractère audacieux.

Beauté et sainteté : la perfection féminine

Marie se tient parfaitement immobile sur son trône. Mais peut-être est-elle debout ? Neufs anges se penchent vers elle : les trois chérubins bleus pour la pureté et l’air, les six séraphins rouges pour l’amour et le feu. La Vierge est vêtue à la mode du 15e siècle. Son manteau et sa couronne soulignent son noble rang et rehaussent sa beauté. La taille mince met en valeur la rondeur de sa poitrine et le sein dénudé donne au tableau une touche presque érotique. Selon certains historiens de l’art, c’est Agnès Sorel, à la fois maîtresse et conseillère du roi Charles VII qui aurait posé pour ce portrait. Sa beauté était légendaire et Sorel incarne ici le canon de la beauté féminine en Vierge à l’Enfant allaitante.

Diptyque de Melun

La Madone entourée de séraphins et chérubins fait partie du diptyque de Melun, une des œuvres majeures de Fouquet. Le volet de droite se trouve à la Gemäldegalerie de Berlin. Il montre deux hommes drapés dans leur dignité et conscients de leur rang. Etienne Chevalier, le trésorier du roi Charles VII et commanditaire du diptyque, à gauche, est accompagné de son saint patron Stéphane, premier martyr de la Chrétienté.

Vierge avec l’Enfant

A contre-courant, Fouquet peint la Madone comme une femme sensuelle de son temps. Le détachement de la femme et son regard absent sont caractéristiques des personnages du peintre. L’Enfant sur ses genoux n’accorde apparemment aucun intérêt au sein qu’elle lui présente et Marie ne l’encourage pas vraiment à téter. L’attention de l’Enfant Jésus est ailleurs. Il montre du doigt l’autre volet du diptyque, plus précisément le commanditaire de l’œuvre Etienne Chevalier, hors champ. Il semble dire à Sa Mère : ‘Cet homme mérite sa place au Ciel. Interviens en sa faveur.’

Séraphins et chérubins

Les anges rouges et bleus de la Madone entourée de séraphins et chérubins sont typiques de la peinture italienne du 14e et du 15e siècle. Leur couleur n’est pas une invention de l’artiste, mais une pratique commune à l’époque. Le bleu et le rouge sont aussi les couleurs des armes de la ville de Paris, le blanc représente la royauté. La Madone porte par-dessus sa robe une cape d’hermine, la ‘fourrure royale’. L’œuvre a également une dimension politique, à la gloire de la France et de la royauté.  

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