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Getty Museum analyse la Madone de Fouquet

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Madonna van Fouquet onder een onderzoeksscanner

Du 28 janvier au 1er février 2019, le musée J. Paul Getty à Los Angeles a mené un travail d’investigation approfondi sur la Madone entourée de séraphins et de chérubins de Jean Fouquet. Ce fleuron du KMSKA fut au musée le point de mire durant l'exposition "The Renaissance Nude".

Questions de recherche

La Madone entourée de séraphins et de chérubins constitue le panneau droit du célèbre diptyque de Melun. L’investigation visait à apporter des réponses aux questions relatives à l'histoire de l'art et à ses aspects techniques. Quelle est la position de la Madone ? Est-elle debout ou assise ? Quelle technique utilisait Fouquet pour produire l'effet marbré ? Quels matériaux utilisait-il et comment a-t-il composé le tableau ?

 

A l'atelier de conservation du musée J. Paul Getty, les conservateurs et les scientifiques du Getty ont effectué des recherches avec Gwen Borms, la responsable de l'atelier de restauration du KMSKA. Aimerez-vous aussi savoir comment une telle recherche fonctionne ? Grâce au rapport mis à jour quotidiennement par notre restauratrice Gwen, vous avez l’unique occasion de jeter un coup d'œil dans les coulisses.

Jour 1 : Hors cadre

Au terme de l'exposition The Renaissance Nude, les restaurateurs ont vérifié l'état de conservation du tableau de la Madone. Puis ils l'ont transporté à l’atelier de conservation du musée Getty où ils ont soigneusement sorti le tableau de son cadre afin de déterminer quelles zones sont intéressantes pour une investigation plus approfondie par balayage MA-XRF.

Onderzoekers halen het schilderij uit de lijst
Sans cadre Les chercheurs de Getty ont sorti le tableau de son cadre

L'après-midi, une analyse approfondie, effectuée sous microscope, soulevait de nombreux questionnements intéressants auxquels l'équipe de recherche espérait lever le voile. Les chercheurs ont déterminé les zones du tableau qui sont intéressantes à sonder au scanner. Il s'agissait de deux endroits : le visage de la Madone et du Christ ainsi qu'une tête bleue et une tête rouge d'ange. Ce jour-là, en raison de possibles séismes, Laura Rivers, la restauratrice de Getty, et Gwen sont restées auprès du tableau pour l’observer.

Jour 2 & 3 : Analyse MA-XRF

Le lendemain, l'équipe de recherche a transféré le tableau au Getty Conservation Institute où le tableau fut mis à l'horizontale sous scanner afin de balayer la zone du visage de la Madone, une analyse qui a pris au total six heures. Puis, un scan détaillé de la couronne a été pris durant environ deux heures. Le tableau a été ensuite remis à l'atelier de conservation.

Het schilderij wordt onder de scanner gelegd
Scanné Le panneau est placé à l'horizontale sous scanner

L'après-midi, Stephan Kemperdick, le conservateur de la Gemäldegalerie à Berlin, a fait part de ses découvertes et de ses réflexions sur le panneau gauche du diptyque de Melun : Etienne Chevalier avec saint Stéphane. L’expert avait déjà mené une investigation similaire. Une comparaison entre les deux panneaux est intéressante pour constater à la fois les similitudes et les différences.

 

Le troisième jour, l'équipe de recherche a effectué un scan du visage du Christ.

Jour 4 : Analyse SRFO

Le quatrième jour de la semaine de recherche, l'équipe a effectué une analyse SRFO – Spectroscopie de réflexion à fibre optique. Cette technique d’investigation est complémentaire aux scans et permet de détecter des matières de nature organique.

 

L'après-midi, une rencontre eut lieu avec Nancy Turner, conservatrice en chef des manuscrits de Getty, afin de comparer l'utilisation des matériaux du tableau avec un manuscrit de Jean Fouquet.

Manuscript van Fouquet
Matériaux de comparaison Un manuscrit de Fouquet

Jour 5 : Radiographie

Le dernier jour de l’étude, l'équipe a pris une radiographie d'ensemble du tableau ainsi qu’une image ponctuelle de la tête de la Madone qui était intéressante à sonder car dans la zone de la tête, le blanc de plomb était absent. Quant à l’image d'ensemble, elle devait fournir plus d'informations sur la structure du panneau. Parallèlement, les chercheurs ont également procédé à une analyse infrarouge. Celle-ci révélait de petites modifications au niveau des dessins sous-jacents. Au sommet de la couronne, par exemple, l'image infrarouge montre plus de perles qui, par la suite, n'ont pas été peintes par Fouquet. Le doigt du Christ avait également changé de position en cours d’exécution, de même les chérubins et les séraphins ont finalement des bras plus fins.

 

Pour clôturer les investigations, les chercheurs ont à nouveau regardé au microscope et ont pris quelques macro photos dans le but de mieux comprendre certains aspects qui ont été mis en évidence lors de l’étude et de voir si des liens existent entre les résultats des différentes analyses. Ces informations recueillies feront ensuite l'objet d'une analyse approfondie.