Laura De Coninck
- Anversoise fière
- Talent pluridisciplinaire
- Œuvre reconnue à l’international
- Créatrice de l’eau de parfum pour le KMSKA
À la maison
Le KMSKA est un peu notre musée, une fierté pour nous en tant qu’Anversois. Je suis né et j’ai grandi à Anvers, et je me souviens très bien de mes visites d’enfant avec mes parents et ma marraine. Ces grandes salles, qui imposaient le silence presque naturellement… Le KMSKA est tout simplement une institution. À l’adolescence, nous nous donnions rendez-vous sur les marches, et plus tard nous y avons emmené nos propres enfants, qui jouaient dans la fontaine comme si c’était leur jardin.
Encouragement
Pour moi, c’est sans doute le plus bel hommage qu’un artiste anversois puisse recevoir : être porté et pouvoir contribuer à l’institution de l’art avec un grand A. La vie d’artiste est exigeante : le doute s’installe parfois. Et dans ces moments-là, un tel encouragement me touche profondément. J’en suis très reconnaissant. Cela me donne la force et la confirmation qu’il y a une place pour ce que je fais : créer de l’art et des parfums, et relier les deux.
Une évidence
Pour moi, le lien entre art et parfum est une évidence. Pensez aux fleurs peintes sur une toile avec une telle finesse qu’on croirait presque en sentir l’odeur. Mais cela devient vraiment passionnant avec des thèmes abstraits : comment capter les nus de Rubens dans un parfum ? Ou comment ajouter une émotion, un souvenir, et laisser les senteurs raconter toute une histoire?
La force du parfum
Lors du lancement du parfum, c’était particulièrement gratifiant d’emmener les visiteurs dans un parcours olfactif à travers les thèmes des accords, qu’ils pouvaient aussi sentir séparément. Un monde caché s’ouvrait alors à eux, surtout par le nez. Ce qui me fascine et m’enthousiasme surtout, c’est la force unique des parfums à évoquer émotions et souvenirs. Pourquoi l’art devrait-il se limiter au visuel?
Source
J’admire Berlinde De Bruyckere pour l’intensité sensorielle de son œuvre ; elle se prête particulièrement bien à la création d’un parfum. J’aime aussi la façon dont les artistes puisent inconsciemment à une même source d’inspiration, et comment le travail des autres peut vous compléter et vous inspirer à aller plus loin, comme une sorte de Scrabble sans fin.
Fixer l’invisible
L’œuvre de Luc Tuymans me touche, notamment par sa stratification. Je partage sa fascination pour l’évocation du souvenir et la tentative de saisir « l’invisible ». Je trouve très fort la manière dont le KMSKA met son travail en dialogue avec les anciens maîtres, et comment son portrait d’une femme atteinte d’un cancer du sein est accroché à côté d’une Madone.